La rencontre des CE2A avec le skipper Nicolas Troussel

S’il fallait caractériser Nicolas Troussel, c’est sans doute sa propension à sortir des sentiers battus qui pourrait le mieux définir le marin, double vainqueur de La Solitaire du Figaro. Son palmarès témoigne à la fois de sa capacité à oser des coups gagnants comme en 2006 où, à rebours de toute la flotte, il tente une option radicale qui lui permet de remporter sa première Solitaire du Figaro avec un écart de près de six heures sur ses principaux adversaires. Faire une « Troussel » deviendra ainsi une expression consacrée dans le monde de la course au large pour définir un coup où l’inspiration le dispute au panache. 

Nicolas Troussel s’est qualifié pour le Vendée Globe après avoir effectué 2 000 milles nautiques (3 700 km) de navigation en solitaire sur le bateau CORUM L’Epargne.

Alors que la course était à ses dernières heures, Nicolas Troussel a accepté aimablement de nous accorder une interview (Nicolas Troussel a annoncé le 16.11 soir, son abandon sur le Vendée Globe 2020. Le skipper de Corum L’Epagne avait démâté la nuit dernière mais était sain et sauf).

Tous les élèves ont attendu avec beaucoup de ferveur le moment de l’interview. Le moment était unique et a marqué chacun d’entre eux. Nous sommes convaincus qu’après cette rencontre, les élèves sont repartis avec une seule et précieuse conviction : c’est la détermination qui les mènera loin.

Q.Pourquoi avez-vous choisi de participer au Vendée Globe ? (Elyes)

R. J’ai choisi de participer au Vendée Globe car j’aime la compétition et j’ai toujours rêvé de faire le tour du monde en solitaire. J’aime la mer et les bateaux depuis toujours. De plus, c’est la plus grande course qui existe depuis 1989.

Q. Souhaitez-vous refaire le prochain Vendée globe ? (Alba)

R. Oui, je souhaiterais pouvoir le refaire en 2024 !

Q. Comment faisiez-vous pour aller aux toilettes et pour vous doucher ? (Martha)

R. Pour aller aux toilettes, j’utilisais un seau et pour me laver, j’utilisais des lingettes. Il faut être, toutefois, vigilant par rapport aux problèmes de peau avec l’eau salée.

Q. Quel était le moment le plus beau de votre course ? (Emil)

R. C’était le départ, c’était très réjouissant car le bateau glissait rapidement sur l’eau et nous étions accompagnés au-dessus de nos têtes par la patrouille de France.

Q. Avez-vous eu peur sur le bateau ? (Rémi)

R. Non, pas particulièrement. Il y a des moments tendus où l’on doit toujours faire attention ou quand j’ai  dû réparer ma voile lorsque je me trouvais  au Cap Horn.

Q. Que faisiez-vous lorsque vous aviez du temps libre sur le bateau ? Aviez-vous le temps de lire, de regarder la télévision ou d’écouter de la musique ? (Benjamin/(Théophile)

R. Non, je n’avais pas le temps de regarder la télévision car on est toujours actif sur un bateau. Avant de me lancer dans la course, j’ai visionné des vidéos de préparation et j’ai téléchargé des émissions de radios sur mon iphone pour pouvoir les écouter sur le bateau.

Q. Dormir et piloter : comment faisiez-vous ? (Alba)

R. Je pouvais m’accorder des petites plages de sommeil grâce à mon pilote automatique.

Q. Est-ce plus dangereux de naviguer la nuit que le jour ? Comment faites-vous ? (Dorian)

R. Naviguer la nuit est plus facile que de naviguer le jour.

Q. Etiez-vous content de retourner chez vous ? (Zoé)

R. Oui et non. J’étais triste car j’avais dû abandonner la course à cause du démâtage. Oui bien sûr, j’étais aussi content de retrouver ma femme et mes enfants.

Q. Combien de repas preniez-vous par jour ? (Thomas)

R. J’essayais de maintenir le rythme de 3 repas par jour mais, quelquefois, on n’a pas toujours le temps de respecter ce rythme.

Q. Combien de difficultés avez-vous rencontrées ? Quelles sont celles que vous avez pu réparer ? (Théophile)

R. J’ai eu un problème d’énergie avec l’alternateur, je ne pouvais pas recharger les batteries.

Q. Combien d’heures dormiez-vous par jour ? (Camille) 

R. Cela dépendait car il y a des jours où je ne dormais pas car il avait trop de travail pour les réglages de mon bateau. Je dormais en moyenne 5-6 h par jour mais en plusieurs fois.

Q. Etre loin, cela devait être dur. Que faisiez-vous quand votre famille vous manquait ? (Mailys)

R. Être loin de sa famille, on s’y prépare avec la famille en tant que skipper toute l’année avant de partir. Je n’avais souvent pas trop le temps d’y penser sur le bateau, je devais être constamment concentré. Souvent, j’envoyais à ma famille des textos et quelquefois, nous faisions des visios.

Q. Que devez-vous faire pour pouvoir participer au Vendée Globe ? (Hugo)

R. Il y a plusieurs conditions à remplir comme la taille du bateau, être en bonne santé et avoir suivi une formation médicale. J’ai également dû compléter un parcours de qualification de 2000 milles.

Q. Comment vous sentiez-vous lorsque vous étiez en mer face aux tempêtes et à la mer agitée ? (Lala)

R. Bien et serein car face aux grosses vagues, les manœuvres se sont bien déroulées et les foils ont bien fonctionné.

Q. Avez-vous vu beaucoup de skippers pendant le Vendée Globe ? Comment communiquiez-vous si vous aperceviez le bateau d’un autre skipper ? (Amélie)

R. Oui, j’ai vu quelques autres skippers au large des côtes d’Espagne ou du Cap Vert.

Avec les bateaux qui étaient proches de nous, nous communiquions par radio VHF, par une boîte mail, par un téléphone satellite avec lequel nous pouvons  nous envoyer des textos et nous appeler.

Q. Est-ce que c’est confortable de naviguer sur votre bateau ? (Anne)

R. Ce n’est pas trop confortable quand il y a beaucoup de mer et cela peut être dangereux. C’est pourquoi, je dormais sur un gros matelas pour ne pas sentir les chocs du bateau qui bouge dans une mer déchaînée.

Q. Lorsque vous naviguez pendant le Vendée Globe, vous intéressez-vous au classement des autres skippers ? (Felix)

R. Oui, bien sûr. Je suis compétiteur et le but est d’avoir le meilleur classement possible.

Q. Qui a choisi votre sponsor ? (Noé)

R. Ce n’est pas moi qui choisis forcément le sponsor, c’est lui qui me choisit.

Q. Quels sont vos projets  pour cette année ?

R. En ce moment, le bateau est sur le chantier et subit des réparations pour être prêt d’ici fin mars/début avril.

Victor Hugo disait : « S’il existe une réalité qui dépasse le rêve, c’est ceci : Vivre ».

C’est bien ce que fait Troussel… il vit sa vie et prépare ses prochaines aventures, le tout pour atteindre son rêve… Le retour du Vendée Globe.

... ses prochaines courses pour cette année...

mi-Mai : The Ocean Race Europe, il s’agit d’une course à étapes en équipage.

Août : Rolex Fastnet : Départ de l’île de Whight, arrivée à Cherbourg

Septembre : Défi Azimut à Lorient en duo

Octobre : Transat Jacques Vabre en duo

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